Archives du mot-clé adolescence

Nouvelle étude statistique sur la sexualité des jeunes : « Génération Youporn, mythe ou réalité ? »

Si vous avez lu les actualités Google cette semaine, vous êtes peut-être tombés sur cette nouvelle étude de l’IFOP au titre volontairement racoleur : Génération Youporn, mythe ou réalité ?

C’est une étude commandée par un site de webcam sexe, portant sur environ 1000 jeunes de 15 à 24 ans répondant sur internet. Bien que la méthodologie puisse être critiquée, en la lisant on apprend un certain nombre de chiffres intéressants qui viennent compléter mon article fétiche sur les statistiques sur la virginité tardive (https://confessionsjhinexpenamour.wordpress.com/2013/09/08/statistiques-sur-la-virginite-tardive/) et notamment l’évolution de chaque variable en fonction de l’âge.

L’âge médian du 1er baiser est de 14 ans, seuls 13% des jeunes ont leur 1er baiser à 17 ans ou plus. A 22 ans, seuls 7 % des garçons et 9 % des filles n’ont jamais embrassé personne.

L’âge médian de la 1ère masturbation est de 14 ans chez les garçons et 15 ans chez les filles, elle est en hausse significative chez les filles par rapport à l’étude de 2006 puisqu’elles sont désormais 59 % à l’avoir pratiqué à 18 ans.

L’âge médian du 1er rapport sexuel est de 17 ans, en baisse significative (mais assez faible) chez les 2 sexes. A 22 ans, il reste 17 % de garçons et 26 % de filles vierges (mais un des diagrammes circulaires un peu plus loin dans l’étude est quelque peu confus sur cette donnée).

La fréquentation de sites porno augmente fortement depuis 2006 chez les 2 sexes : normal, à cette époque les sites de streaming porno comme Youporn étaient balbutiants. Depuis, ils ont fortement simplifié l’accès au porno sur le net, plus besoin de télécharger. L’âge médian du 1er porno est de 15,2 ans.

La fréquentation des sites de rencontre augmente aussi mais ils ne sont que 17 % de l’échantillon à trouver des plans culs sur ces sites (25 % en moyenne dans la classe 20-24 ans). A noter que cette proportion est beaucoup plus élevée chez les homos que les hétéros (normal, les homos, ayant moins de facilité à trouver des partenaires dans la vie réelle, se tournent alors plus facilement vers des sites gays).

La position préférée est le missionnaire, suivie par la levrette et l’Andromaque. L’étude donne ensuite une palanquée de données pointilleuses et absurdes sur la prévalence de la levrette et de l’Andromaque en fonction du nombre de partenaires sexuels, du niveau de diplôme, de la situation professionnelle et de la pratique religieuse 😉

Le cunnilingus et la fellation (80 %, dont 38 % en avalant le sperme), la sodomie (35 %), l’anulingus (17 %) et l’éjaculation faciale (24 %) sont en forte hausse (avec la même palanquée de statistiques improbables sur l’éjaculation faciale et la sodomie en fonction du niveau de diplôme, de la profession du chef de famille… 🙂 ).

Ensuite ça parle des expériences sexuelles virtuelles, rien d’intéressant hormis le fait que 22 % souhaiteraient photographier leurs ébats ou tourner une sextape mais que seuls 4 % sont passés à l’acte.

L’attirance homosexuelle et les rapports homosexuels augmentent significativement y compris chez les hétéros (notamment les filles, un point abondamment repris par les médias), mais ils ne sont que 9 % des garçons et 8 % des filles à se déclarer homosexuels ou bisexuels.

Vous pouvez retrouver l’étude ici : http://www.ifop.com/media/poll/2367-1-study_file.pdf

Publicités

La masturbation (et le porno)

Je vais encore mettre à mal un autre mythe  : le puceau tardif qui se masturbe compulsivement plusieurs fois par jour comme pour noyer son désespoir. Il y a certainement des individus qui le font plusieurs fois par jour, et grand bien leur en fasse tant que ça leur procure du plaisir et qu’ils se sentent mieux après. Mais je suis plutôt un « gourmet de la masturbation », privilégiant la qualité à la quantité.

La masturbation est très importante. Elle permet de découvrir son corps et ses réaction, savoir ce qui nous procure du plaisir, savoir prolonger ce plaisir et enfin soulager les tensions sexuelles. A 18 ans, 90% des garçons et (seulement) 45% des filles se sont déjà masturbés. C’est dommage qu’elles ne soient pas plus nombreuses à la pratiquer à l’adolescence car ça leur permettrait de savoir comment accéder au plaisir, savoir lâcher prise avec leur partenaire et avoir une vie sexuelle plus épanouie dès son commencement. Les organes génitaux externes féminins sont plus discrets, elles osent peut-être moins se toucher à l’adolescence (ou même simplement les regarder dans un miroir, comme Madonna) ou elles ont l’image faussée selon laquelle ça serait « sale ».

Bref, comme le dit Woody Allen, la masturbation c’est faire l’amour avec soi même. Cependant quand on est vierge tardif, c’est notre seule forme de sexualité et ça finit par ne plus nous suffire pour être satisfait.

J’ai découvert la masturbation assez jeune. Autant que je me souvienne, j’ai du commencer à me toucher vers les 6 ans, puis ça m’est sorti de l’esprit vers 8 ans. Je m’y suis remis à l’aube de la puberté vers 11 ans. Peu de temps avant 15 ans j’ai eu mes premiers orgasmes mais sans savoir que c’était ça. Je ressentais cette vague de plaisir mais ça n’était pas très intense puis je débandais et je ne comprenais pas pourquoi je ne pouvais plus me caresser aussi longtemps qu’avant. Très peu de temps après, j’ai eu mes premières éjaculations : mes orgasmes étaient plus intenses mais je ressentais immédiatement après une forte envie d’uriner alors que j’avais la vessie vide. Je ne comprenais pas ce qui m’arrivais, d’autant plus que je me caressait dans mon pantalon de pyjama et que je contractait mes sphincters de la vessie pour ne pas me pisser dessus (enfin c’est ce que je croyais). Puis quelques semaines plus tard j’ai eu un orgasme tellement intense que je n’ai pas pu me contrôler, j’ai souillé mon pyjama et que j’ai compris que c’était du sperme. J’étais très fier de pouvoir jouir et éjaculer. S’en est suivi une période de découverte, de masturbations très fréquentes. J’ai rapidement compris comment faire durer le plaisir et mes orgasmes sont devenus meilleurs. Cependant il m’a bien fallu quelques années de pratique pour « atteindre le sommet de cet art » 😉

Je me suis rendu compte qu’il valait mieux faire monter l’excitation pour avoir les meilleurs orgasmes plutôt que de se soulager immédiatement. Je préfère le faire une fois par jour au lit plutôt que de le faire dans la journée. Il y a quelques années, l’orgasme me permettait de m’endormir plus facilement donc je le faisais chaque soir. Aujourd’hui je ne le fait plus systématiquement chaque jour , je ne le fais que quand j’en ai vraiment envie et que je ne suis pas trop fatigué. Maintenant quand je manque de sommeil, l’orgasme a tendance à me maintenir excité et éveillé, donc il m’arrive fréquemment en semaine de ne pas le faire pendant plusieurs jours et ça me satisfait. En période universitaire, je ne le fais bien souvent que le week-end (donc 2 à 3 fois par semaine). Par contre en vacances j’ai une libido plus élevée donc c’est tous les jours.

Je ne me masturbe pas devant du porno sur mon PC. Je regarde régulièrement du porno sur mon PC pour nourrir mes fantasmes et faire monter l’excitation puis j’attends d’aller me coucher pour me palucher. Je préfère le confort d’un lit pour avoir le plus de plaisir. Je me masturbe aussi sous la douche mais je ne vais pas jusqu’à l’orgasme, le réservant bien souvent pour le lit.

Pour ce qui est du porno, je ne regarde que du porno amateur parce que c’est tellement mieux. Ce sont de vrais couples qui font l’amour pour de vrai et prennent réellement leur pied. Il n’y a pas de pratiques violentes comme les fellations forcées, les sodomies brutales et les éjaculations faciales. Ce ne sont pas non plus des acteurs bodybuildés et siliconés qui poussent des gémisssements totalement bidons. Là ce sont des couples de la vie réelle avec leur physique naturel. Je préfère les creampies, qui sont des pornos dans lesquels l’homme éjacule dans le vagin de sa partenaire puis se retire en laissant le sperme dégouliner 😉 J’aime aussi les photos amateurs.

Il y a 6 ans, je me suis acheté une Fleshlight : c’est un masturbateur en forme de grosse lampe torche qui contient un vagin artificiel en silicone ultra-réaliste ayant la texture de la vraie peau. Cependant je ne m’en suis pas beaucoup servi parce que j’ai un phimosis (une étroitesse du prépuce qui empêche un décalottage complet en érection) qui me gène quand j’utilise la Fleshlight, je ressent beaucoup moins de plaisir parce que mon prépuce enserre fortement mon gland. Son utilisation m’a quand même permis de diminuer le phimosis mais ça n’est toujours pas vraiment agréable. Et puis c’est un peu fastidieux à préparer et à nettoyer (pas facile de faire des allers et retours entre la chambre et la salle de bain avec l’objet dans les mains quand on vit chez ses parents). Donc bien souvent je préfère les méthodes traditionnelles. On peut traiter le phimosis en appliquant une pommade corticoïde très puissante sur le prépuce et en faisant des exercices d’étirement. Sans phimosis, la Fleshlight doit être géniale. Mes premiers rapports sans préservatif seront peut-être moins agréables avec le phimosis. A ce moment là je consulterai.

Bref aujourd’hui j’adore toujours autant la masturbation et le fait d’être à l’écoute de mon corps, mais ça ne me suffit plus et il me tarde de découvrir les sensations d’un vrai rapport sexuel vaginal.

Le dépucelage avec une escort girl ?

Voilà encore un autre sujet qui revient souvent sur la table sur les forums sur lesquels on trouve des vierges tardifs. Je tiens à préciser d’emblée qu’à l’heure actuelle je n’envisage pas d’y avoir recours, néanmoins il arrive que cette idée ressurgisse dans mon esprit à certaines périodes quand je me sens seul et que j’ai une libido très élevée.

Il y a un siècle, le folklore disait que les pères de famille envoyaient leur fils se faire déniaiser dans une maison close pour en faire un homme. Je ne sais pas si ça se faisait aussi à la campagne, ça devait concerner davantage les citadins et je ne sait pas non plus quelle était la prévalence de cette pratique. La fermeture des maisons closes en 1948 puis des hôtels servant de bordels clandestins a du mettre un coup d’arrêt à cette pratique.

La première fois que j’ai entendu parler du dépucelage avec une prostituée c’était il y a environ 10 ans dans un Ca se discute consacré à la prostitution (suite à l’instauration de la loi sur le racolage passif). On y entendait un jeune homme rugbyman du sud-ouest dont l’équipe avait gagné un important tournoi régional et l’entraineur avait récompensé toute l’équipe en l’envoyant se faire dépuceler à 16 ans dans une maison close de La Jonquera, en Espagne juste à la frontière française. Le jeune homme avait apprécié et disait que là bas, la prostitution c’était « festif ». A cette époque, La Jonquera était pratiquement inconnue au niveau national. Depuis, toutes les chaines de télé ont fait des reportages sur ces maisons closes géantes fréquentées à 85% par des français. Dans certains reportages, des jeunes disent même que des lycéens ou étudiants de Montpellier n’hésitent pas à faire le trajet pour se dépuceler ou prendre leur pied. Certains expliquent même que c’est plus intéressant d’aller faire l’amour là bas tout en faisant le plein de carburant, de clopes et d’alcool peu taxés plutôt que de sortir dans les boites branchées des villes françaises, payer des verres à des nanas, se manger des rateaux et rentrer seul à la maison (la queue entre les jambes, si je puis me permettre ce jeu de mots 😉 )

Bref j’ai lu pas mal de témoignages de vierges tardifs s’étant dépucelés avec une escort-girl (et pas avec une prostituée de rue dans des conditions déplorables). Ils disaient que ça avait permis de les décoincer avec les femmes, de mettre fin à différentes pensées obsessionnelles les empêchant de les draguer et de découvrir ces sensations physiques. Ca avait été un véritable électrochoc qui avait déclenché de grands changements chez eux et dans les mois qui avaient suivi, ils avaient séduit pour la première fois une fille.

Avant de lire ces témoignages, je pensais déjà à cet électrochoc qui me décoincerait, et le fait d’avoir lu ça a davantage renforcé ma conviction. A l’approche de mon 26ème anniversaire, j’avais commencé à rechercher sur internet les escort girls de ma région, notamment des femmes quadragénaires qui seraient certainement plus compréhensives et plus douces. Je me disais qu’en plus de découvrir les sensations de serrer une femme dans mes bras, de faire l’amour, je pourrais lui confier mes difficultés à séduire et elle pourrait me dire ce qu’elle en pense (ça fait partie de ce qu’on appelle le social time ou la girlfriend experience dans le milieu).

Finalement je ne l’ai pas fait. J’ai posé la question sur divers forums et la plupart des gens qui m’ont répondu pensent que ça ne changerait rien pour moi, que ça serait la honte d’avouer à ma future copine que ma première fois était avec une prostituée et elle le prendrai surement mal. Et puis pourquoi devrais-je payer pour quelque chose que presque tous les hommes ont gratuitement et avec des sentiments dans bien des cas ?

Aujourd’hui ça n’est plus à l’ordre du jour mais si ma situation sentimentale ne s’améliorait pas dans les 1 à 2 ans à venir, je reconsidérerais peut-être mon point de vue.

Voici un lien vers un article d’un type donc l’oncle l’a envoyé se faire dépuceler à 16 ans par une prostituée. Il a mal vécu cette expérience parce que ça s’est fait à l’improviste, sans désir  http://www.vice.com/fr/read/l-histoire-du-mec-qui-sest-fait-depuceler-par-une-pute/?utm_source=vicefbfr

Dans l’ensemble j’ai lu bien plus de témoignages positifs que négatifs sur le dépucelage tarifé mais celui là m’avais étonné.

Timidité amoureuse et abstinence involontaire

Suite aux commentaires pertinents de mon précédent article, j’ai décidé de rédiger un article qui s’intéresse aux causes sociologiques de la timidité amoureuse et de l’abstinence sexuelle involontaire à l’âge adulte.

Le psychologue américain Abraham Maslow a défini la pyramide des besoins humains éponyme (http://fr.wikipedia.org/wiki/Pyramide_des_besoins_de_Maslow, lisez l’article en anglais, c’est mieux) dans laquelle on apprend que la sexualité fait partie des besoins physiologiques de l’individu, au même titre que la faim, la soif, la respiration et les fonctions d’élimination. Elle montre aussi que le besoin d’appartenance et d’amour est relativement haut placé et est nécessaire pour avoir une vie accomplie. Dès lors, il n’est pas étonnant qu’une vie amoureuse inexistante et une sexualité solitaire mènent à la dépression. Certains psychologues ont donc étudié les causes de cette vie amoureuse et sexuelle insatisfaisante. Cet article n’a pas pour vocation d’être exhaustif sur ce phénomène, juste de vous présenter 2 sources d’inspiration pour ce blog.

En faisant des recherches sur la virginité tardive en anglais, je suis tombé par hasard sur un article du Journal of Sex Research de 2001 intitulé « Celibacy : a life course analysis » rédigé par des psychologues de la Georgia State University. Il s’attache à étudier les causes et conséquences de l’absence de relation amoureuse et/ou de l’abstinence sexuelle involontaire au cours de la vie. Les auteurs sont partis du constat que ce domaine avait été entrevu par de précédentes études sur la sexualité mais jamais pleinement investigué. Ils indiquent que les sociétés occidentales ont un modèle dans lequel les premiers flirts, la découverte de la sexualité, les relations de longue durée et le mariage se déroulent selon une séquence linéaire à des tranches d’âge bien définies et font office de rites de passage. Forcément les gens qui se trouvent en décalage avec cette norme se mettent à complexer et éprouvent davantage de difficultés dans leur vie sociale, ce qui diminue encore la possibilité de rencontrer un partenaire, en particulier s’ils pensent que leur partenaire sera forcément bien plus expérimenté qu’eux. L’abstinence involontaire ou la virginité tardive résultent d’une combinaison d’évènements durant l’adolescence et la jeunesse.

Ils se sont donc demandé quels sont les facteurs qui inhibent la transition vers l’activité sexuelle, à quel moment et de quelle manière les abstinents involontaires se trouvent en décalage par rapport aux autres et quels facteurs les maintiennent en décalage et inhibent la découverte et la poursuite de relations sexuelles.

Ils ont inclus 82 personnes recrutées via internet à la toute fin des années 90, la plupart étant des gens diplômés de l’enseignement supérieur. 80% étaient des hommes. Certains étaient mariés mais n’avait pas de relations sexuelles. Ils reconnaissent que leur échantillon n’est pas représentatif. Ils leur ont fait répondre à un volumineux questionnaire.

1/3 étaient des vierges tardifs, les autres ayant déjà eu des rapports mais ensuite aucune activité sexuelle depuis un bon moment. 91% des vierges tardifs (VT) et 52% des célibataires endurcis ne sont jamais sorti avec quelqu’un à l’adolescence. Leur sexualité adolescente était uniquement masturbatoire. Seuls 29% des VT ont ultérieurement expérimenté leur premier baiser ou des préliminaires. Certains célibataires de longue durée ont eu des rapports à un âge normal mais n’ont pas été satisfait des conditions. Les données montrent que l’absence de séduction et de relations amoureuses à l’adolescence sont le premier facteur menant à une vie amoureuse et sexuelle insatisfaisante. Cela renforce ma thèse selon laquelle la séduction et les compétences sociales s’acquièrent de manière intuitive pendant l’adolescence.

Le sentiment de retard anormal des vierges tardifs sur les autres apparait à l’approche des 25 ans. Parmi les célibataires endurcis non-vierges, 20% ont eu recours à des prostituées.

A l’âge adulte, la timidité est le principal facteur responsable de l’absence de relations amoureuses. 40% des vierges tardifs mentionnent également un manque de compétences sociales (difficultés à se faire des amis…). L’image corporelle négative entre également en ligne de compte : les individus qui ne s’aiment pas évitent les situations sociales et réduisent les opportunités de rencontres. Les femmes vierges tardives mentionnent en priorité leur surpoids alors que les hommes mentionnent leur poids insuffisant. Le manque d’activités de loisir et le travail dans un milieu exclusivement masculin ou féminin renforcent leur isolement social et leur manque d’opportunités de rencontres.

Leur abstinence ou inexpérience sexuelle engendre une insatisfaction, de la frustration ou de la colère. Mais le plus préoccupant pour eux est l’absence d’amour. Ils pensent être passés à coté de leur jeunesse et qu’un processus a « calé » durant leur adolescence. Ils pensent qu’ils n’arriveront pas à rattraper les autres, qu’ils sont encore coincés « dans la cour de récré ». Cette frustration diminue encore leur confiance en eux donc leur attractivité et leur pouvoir de séduction, bref c’est un cercle vicieux. Les hommes et femmes se sentent pris au piège des conventions sociales (les hommes doivent faire le premier pas et les femmes doivent rester passives). A cette époque déjà, les vierges tardifs utilisaient internet pour se rassurer et vivre une certaine vie sociale par procuration.

Les auteurs soulignent la nécessité d’études supplémentaires et que tant que la virginité tardive restera aussi peu explorée, elle restera un sujet tabou et des gens continueront d’en souffrir.

Voici l’article complet : http://www.scribd.com/doc/23792587/Involuntary-Celibacy-A-Life-Course-Analysis

Je voulais également aborder le concept de timidité amoureuse (love shyness) définit par le psychologue américain Brian Gilmartin en 1987. Il s’agit d’une forme de trouble anxieux social ou bien de trouble de la personnalité évitante circonscrit au domaine amoureux. Gilmartin a abondamment étudié le phénomène et rédigé un livre, qui est souvent évoqué sur les sites de langue anglaise abordant la virginité tardive. Ce concept ne fait pas consensus et n’est pas reconnu par le DSM-V (la bible de la psychiatrie américaine) ni par la Classification In ternationale des Maladies CIM-10. Néanmoins il mérite notre attention.

Voici l’article français sur Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Timidit%C3%A9_amoureuse. Si vous maitrisez l’anglais, je vous conseille de lire la version anglaise de l’article, bien plus complète, comme toujours. Je ne détaillerai pas le concept, ça reprend ce que j’ai déjà dit.

L’auteur Jean-Paul Benglia reprend aussi ce concept dans son livre (j’en parlerai ultérieurement).

Voila, si vous avez eu le courage de lire ce pavé (ou pas), je tenais à vous dire que mes prochains articles parleront à nouveau de moi et seront bien plus abordables que celui-ci.

Ma virginité tardive

Je n’ai commencé à penser à ma virginité que peu avant mon vingtième anniversaire. Mais à ce moment là c’était déjà le fait de ne jamais être sorti avec une fille qui me préoccupait avant tout. Je me disais quand même qu’à 20 ans ça commence à être tardif.

Il n’y a pas vraiment de critères pour décréter qu’une virginité est tardive : certains pensent que c’est à 20 ans, d’autres à 25 ans. Je crois surtout qu’elle est tardive à partir du moment où l’on se considère comme tel.

J’ai alors passé énormément de temps sur internet à en parler pour savoir si je n’étais pas le seul dans cette situation, pour me rassurer et essayer de comprendre pourquoi j’en suis arrivé là. J’ai d’abord passé du temps sur Doctissimo : je n’y parlais pas que de ça d’ailleurs et ça me donnait l’impression de vivre ma vie sociale par procuration à défaut d’avoir de vrais amis à retrouver pour discuter.

Puis vers 2010-2011 je suis devenu obsédé par ma virginité tardive, j’ai fait des tas de recherches sur Google du type « jamais fait l’amour à 23 ans » , « jamais embrassé une fille à 23 ans », puis les mêmes recherches en anglais pour avoir davantage de résultats pertinents. J’ai hanté le net avec ces recherches. Je me disais que j’avais raté mon adolescence, que c’était irréversible et que je gâchais ma jeunesse, qu’à mon âge j’avais encore la maturité amoureuse d’un ado de 15 ans, que je n’étais pas encore un vrai homme, que je me sentais déjà vieux sans avoir profité de ma jeunesse et que j’espérais faire plus tard un méga-crise de la quarantaine à la Californication ou Nip/Tuck pour rattraper toutes ces années de sexe et de fête perdues. Je me disais aussi que si une jeune femme apprenait que j’étais encore puceau, elle penserait que c’est parce qu’aucune autre fille ne m’a choisi parce qu’il y a un « vice caché », que je pourrais être un pervers en puissance. Bref j’étais dans la spirale infernale de la dévalorisation.

Puis je me suis inscrit sur le forum « Virginité tardive »  (http://forum.virginite-tardive.fr/) lors du réveillon du nouvel an 2011 (forum que je connaissais à sa création en 2007 mais dont j’avais fini par oublier l’existence) sur lequel j’ai abondamment participé et j’ai progressivement cessé d’avoir un état d’esprit aussi négatif.

Aujourd’hui j’ai une vision plus apaisée de ma virginité tardive. Je pense que si je suis encore vierge c’est parce qu’à l’adolescence, n’ayant pas profité de sorties et soirées, je n’ai pas pu assimiler inconsciemment les processus de socialisation et de séduction donc je me retrouve aujourd’hui avec un manque de compétences sociales. Il y a aussi ma timidité, qui s’est néanmoins atténuée avec le temps. Et enfin il y a l’isolement social induit par mes études très prenantes et surtout par mon comportement fuyant avec les gens en société, que l’on pourrait qualifier de « trouble de la personnalité évitante », entrainant un manque d’opportunités de sortir et de rencontrer des filles célibataires.

Je ne me sens pas vraiment victime de la pression sociale en étant vierge tardif puisque personne dans mon entourage familial, amical ou professionnel ne le sait. Ma famille proche doit quand même s’en douter puisqu’ils ne m’ont jamais vu ramener une copine à la maison et ils savent que je suis coincé. Quand à mes collègues de promo, je suis extrêmement discret sur ma vie privée, tout juste savent-ils que je suis célibataire.

Ce qui me manque le plus est le manque d’amour et de tendresse, le fait de n’être jamais sorti avec une fille, le manque de sexe a moins d’importance.

Depuis quelques mois je me demande sans cesse quelles sensations ressent-on lors d’un baiser avec la langue ou lors d’un rapport sexuel vaginal. J’ai fait beaucoup de recherches en français et en anglais sur ce thème mais je n’ai trouvé en majorité que des descriptions plutôt vagues. Alors j’ai posé mes questions plus précises sur des forums et j’ai obtenu des réponses très intéressantes. Néanmoins cette curiosité sans fin m’a fait envisager à plusieurs reprises d’avoir recours à une escort-girl pour me dépuceler et enfin connaitre ces sensations que l’on ressent en caressant et serrant le corps d’une femme, en l’embrassant (si l’escort le fait) et en la pénétrant vaginalement. Je me suis dit que le fait de franchir le pas me permettrait de ne plus être obsédé par ces questionnements sans fin et me décoincerait avec les femmes, me donnerait plus d’assurance pour draguer. J’ai lu des témoignages de jeunes hommes qui l’ont fait et à qui ce dépucelage a été un véritable électrochoc les décoinçant avec les femmes. De mon côté, un certain nombre de personnes sur plusieurs forums m’ont conseillé de ne pas le faire parce que ça ne résoudrait rien (je reviendrait sur ce thème du dépucelage par des prostituées plus tard). Actuellement je n’ai plus l’intention d’avoir recours à cette solution prochainement. Mais j’espère avoir rapidement l’occasion de ressentir ces sensations dans le cadre d’une vraie relation amoureuse.

Je vous met 2 liens vers 2 articles que j’ai beaucoup aimé du site Madmoizelle, qui sont le témoignage d’un jeune homme encore vierge à 25 ans (http://www.madmoizelle.com/interview-vierge-25-ans-107601) et d’une jeune fille qui a perdu sa virginité tardivement à 22 ans (http://www.madmoizelle.com/vierge-22-ans-95142). Enjoy 😉

Ma vie durant l’adolescence : la période cruciale

J’ai une grande fascination pour l’adolescence parce que c’est un âge où l’on change considérablement, on s’éveille intellectuellement, on s’ouvre au monde, on mène une vie insouciante. C’est aussi l’âge auquel la société nous promet la découverte des amours insouciantes et des amitiés durables. Sauf que ça n’est pas le cas pour tout le monde. Mon adolescence m’est passée sous le nez et c’est pour ça que je m’y retourne en cherchant à comprendre pourquoi et en rêvant qu’elle eut été meilleure.

Arrivé en 6ème, la sensation d’ennui perpétuel a disparu. L’organisation du collège nous donnait un peu plus d’autonomie, les cours étaient beaucoup plus intéressants et à la maison je m’amusais bien avec mes jeux-vidéos, les films et les séries que je regardais.

Cependant j’ai commencé à me trouver moche. Je suis devenu myope à 9ans1/2 et j’ai choisi une grosse paire de lunettes rondes à monture bleue marine qui prenait la moitié de mon visage. Je les avais choisi parce que mon meilleur amis avait les mêmes. Arrivé au collège j’ai commencé à trouver qu’elles étaient moches et me rendaient moche. Je n’aimais pas mes cheveux qui avaient tendance à beaucoup friser ainsi que mes taches de rousseur.

J’avais l’impression que la cour du collège était un endroit oppressant, que tout le monde me regardait (c’était une fausse idée que je me faisait en fait), je ne supportais pas les incivilités des autres élèves : les bousculades, les moqueries (entre autres sur mon nom de famille qui est un peu ridicule). Je n’étais pas véritablement harcelé, mais c’était de petites « agressions morales » sporadiques que je vivais mal. Cependant j’avais des copains et globalement j’aimais le collège (un peu quand même).

Mes difficultés d’intégration sociale ont commencé lors d’un camp de vacances d’une semaine au centre aéré du coin auquel ma mère m’avait inscrit de force durant l’été de mes 12 ans. La plupart des autres ados avaient 1 an de plus que moi et étaient venus en groupe d’amis alors que j’avais été parachuté là seul. Ils ne m’ont pas intégré et se moquaient de moi en me surnommant « Norton » parce que mes horribles lunettes me faisaient ressembler à Peter Norton, le créateur des antivirus éponymes, dont la photo apparaissait sur les boites des logiciels. Ils ne m’ont presque pas appelé par mon prénom J’ai détesté ce séjour.

En 5ème : RAS

En 4ème, à part quelques moqueries de la part d’un ou 2 camarades de temps à autres, ça se passait bien. J’ai enfin changé de lunettes lorsque ma vue a changé et j’ai choisi un modèle très discret. J’avais de nouveaux amis que je voyais en dehors des cours. On allait jouer en réseau à Counter Strike dans la salle informatique communale, on faisait plein de trucs, mais ils étaient aussi geek que moi.

En 3ème, pas grand chose. Mes taches de rousseur se sont fortement atténuées et mes cheveux sont devenus plus raides, ils frisaient beaucoup moins (et pour répondre à votre curiosité, je ne suis pas roux mais brun). Je me sentais mieux avec mon corps. Mon pic de croissance a démarré tardivement (peu de temps avant 15 ans) mais j’ai grandi très rapidement (à 15 ans 1/2 je dépassais 1m80).

Arrivé au lycée, j’ai perdu tous mes amis du collège, ils sont partis dans d’autres établissements. J’ai dû me refaire de nouveaux amis mais on ne se voyait pas en dehors des cours : j’habitais dans une commune loin du lycée et pas eux donc ils sortaient surtout entre eux, entre citadins. Le lycée c’était l’époque des 1ers flirts pour la majorité de ceux qui n’avaient pas commencé au collège, et aussi les premières soirées alcoolisées. Je ne faisais pas partie du cercle des gens branchés donc je n’étais pas invité aux soirées. A part ça, j’ai adoré le lycée, je m’y suis vraiment plu, j’ai réussi haut la main dans mes classes et je suis nostalgique de l’euphorie de la fin de terminale où je pensais que mon chemin était tracé, que tout me réussirait.

Ce n’est que quelques années plus tard que je me suis rendu compte que j’étais passé à coté de mon adolescence. Je n’avais pas vécu l’essentiel : les premières soirées, les amitiés très fortes dont on pense qu’elles dureront toujours, les 1ers flirt innocents où on découvre les filles. J’arrivais à l’âge adulte avec la maturité affective d’un ado de 15 ans, je n’avais jamais été aimé, j’avais l’impression d’avoir pris un coup de vieux sans avoir rien vécu. Bref j’avais gâché mon adolescence sans m’en rendre compte et sans comprendre pourquoi.

Je pense qu’à l’adolescence, les processus de socialisation  et de séduction s’apprennent de manière intuitive (lors des sorties et des soirées +++) et c’est ce qui permet aux ados de s’affirmer progressivement, de sortir avec des filles, puis quelques années plus tard de coucher avec. Forcément quand on n’a pas vécu ça, on se sent complètement décalé avec les autres et mal à l’aise dans sa vie d’adulte. Je suis coincé en société, je ne sais pas séduire une femme ni reconnaitre les signes de séduction qu’une femme pourrait m’envoyer (je les connais en théorie mais dans la pratique je ne pense pas que je les repèrerai, et ça me mettrait mal à l’aise).

Pour ma part ça ne s’est pas produit à cause d’un mélange de timidité excessive, du fait que je n’ai pas osé me rapprocher davantage de mes amis et d’un manque d’opportunités. J’ai quand même une part de responsabilité.

Je sais que mon adolescence est derrière moi et que je ne pourrai pas la changer, mais je pense encore de temps à autres à cette période cruciale avec une certaine nostalgie (rassurez-vous, je ne suis pas dépressif 😉 )

A mesure que mes études avancent, j’ai commencé à m’ouvrir beaucoup plus aux gens qui m’entourent, j’ai fait des progrès considérables au niveau socialisation, mais pour le coté séduction ça n’est pas le cas. C’est pour ça que j’aurai besoin d’un psychologue. Ca va s’arranger, je suis ce que les anglo-saxons appellent un late bloomer in love.

Historique amoureux partie 2 : le lycée

J’avais placé beaucoup d’espoirs à mon arrivée au lycée et je n’ai pas été déçu : alors que j’étouffais au collège à cause du flicage excessif et du comportement de certains élèves, l’arrivée au lycée a été une bouffée d’oxygène. Déjà le fait de prendre le bus me permettait de sortir de mon ennuyeuse commune pavillonaire, j’avais aussi beaucoup plus de liberté, les lycéens étaient beaucoup plus matures et ce lycée était sympa, niché dans un joli coin de verdure en périphérie de la ville. Je pensais que tout était possible et que j’allais certainement connaitre prochainement mon premier flirt.

Rapidement au cours de mon année de seconde, je suis tombé amoureux d’une fille, mais cet amour n’avait rien à voir avec les précédents du collège, les émotions que je ressentais étaient beaucoup plus fortes. Cette fille, qui s’appelait Marina, me faisait tourner la tête : déjà ce qui me plaisait était sa grande taille, à 16 ans elle faisait déjà 1m80. Et puis elle était plus mature que les autres filles, elle s’habillait un peu plus classe, faisait déjà plus femme mais sans être affriolante. Elle était très gentille et discrète, un peu timide aussi. Elle avait beaucoup de charme. On s’est rapproché à la fin de l’année scolaire mas je ne lui ai jamais demandé si elle voulait sortir avec moi. L’année suivante on était dans des filières différentes et on ne se fréquentait plus, mais je continuais à l’admirer, elle sortait du lot par rapport aux autres filles. Elle a eu son premier copain en 1ère, un type boutonneux dont on disait qu’il était un peu con. Je ne comprenais pas ce qu’elle pouvait lui trouver. Le fait de le voir lui rouler des patins à la sortie du lycée me faisait mal au coeur. Cette histoire n’a duré que quelques mois. Mais comme on ne se fréquentais plus, je n’ai jamais eu l’occasion ni le courage de lui faire ma demande et j’ai continué à l’admirer durant tout le lycée. Je voyais qu’elle s’épanouissait au bahut, qu’elle avait de plus en plus d’amis, bref que tout lui réussissait.

Durant ma 1ère et ma terminale, je n’ai pas eu de coup de coeur pour d’autres filles. Mais je commençais à ressentir de plus en plus le décalage avec les autres. Beaucoup de camarades de classe sortaient avec quelqu’un, même s’ils étaient plutôt discrets là-dessus. Par contre  à la sortie du bahut, c’était le festival des patins. Moi je me faufilais entre les couples pour attendre seul mon bus et rentrer dans ma vie solitaire et monotone. J’avais des amis mais je ne les voyais pas en dehors des cours (j’y reviendrai en détails dans mon article général sur mon adolescence).

Je ne veux cependant pas noircir le tableau : en dehors du contexte amoureux, de la solitude en dehors du bahut et plus généralement du fait que j’ai raté mon adolescence, le lycée a été une période heureuse (qui aurait pu être bien meilleure) et je trouve même que j’ai connu l’apogée de ma vie à la fin de ma terminale en 2005, dans le sens où la vie était jusqu’à présent plus simple, je me laissais porter par le courant, j’avais l’impression que j’avais toute la vie devant moi et c’était le dernier moment avant l’entrée dans les études supérieures, qui se révèlera finalement tourmentée. Bien que je sois désormais bien avancé dans mes études, que je sais que j’aurais un travail qui me plait, que je serai indépendant en exercice libéral et que je gagnerai de l’argent, je ne peux m’empêcher d’avoir une certaine nostalgie pour cette courte période qu’est la fin de la terminale.

J’ai continué à penser à Marina pendant un temps après mon entrée dans le supérieur. J’ai vu en 2007 un article sur elle dans le journal local disant qu’elle avait été récompensée par l’université pour avoir créé une micro-entreprise avec des collègues de son IUT. La vie continuait à lui sourire. Je ne sais pas ce qu’elle est devenue, je ne l’ai jamais retrouvée sur les réseaux sociaux.

Aujourd’hui je ne suis plus dans l’amour idéalisé envers cette fille, néanmoins elle aura toujours une place dans mon coeur. C’est la seule dont j’ai été véritablement amoureux et ça ne s’est jamais reproduit par la suite.

Bref, alors que je m’apprêtais à rentrer dans le supérieur, je ne pensais pas vraiment au sexe mais je me disais qu’entrer en classe prépa scientifique dans un énorme lycée avec de nombreuses filières technologiques à prédominance féminine allait me donner plus d’opportunités pour rencontrer une fille et enfin échanger mon premier baiser. Bref j’avais encore beaucoup d’espoir.