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Faut-il révéler sa virginité tardive ?

Voilà la question qui taraude tant de personnes dans ma situation. Et bien ça dépend des circonstances.

Certains ont peut-être connu ces discussions embarrassantes avec des amis ou au travail où on leur demande s’ils ont une copine et depuis quand ils n’ont pas fait l’amour. S’ils ne répondent pas ou répondent de manière vague, on les taquine en leur demandant s’ils ont déjà fait l’amour : s’ils répondent, ils seront grillés et le fait de ne pas répondre suffit aussi à se faire griller. Heureusement on ne m’a jamais posé ce genre de questions  en public. Mes collègues savent que je suis célibataire mais ne posent pas davantage de questions. Comme je suis très discret sur ma vie privée, ça ne les incite pas à creuser davantage. J’ai juste eu une petite réflexion d’un collègue âgé qui, en sachant que j’étais célibataire depuis longtemps, a dit que je devrais me payer une pute, ça me ferait du bien. J’ai pris ça à la rigolade et les autres aussi (d’autant que ce collègue est un vieux garçon et tourne sa situation en dérision).

Cependant si on m’avait posé des questions plus insistantes, j’aurai sorti une histoire bidon mais suffisamment crédible à propos d’une amie qui s’était rapprochée de moi il y a quelques années et avec qui j’aurai pu prétendre avoir couché 1 ou 2 fois (en réalité il ne se serait rien passé parce qu’elle est lesbienne). Cette amie là avait des problèmes psychologiques à l’époque donc ça fait un bon alibi pour simuler une rupture d’une relation courte. Comme je la connais suffisamment bien, je peux sortir suffisamment de détails pour broder une histoire convaincante. J’ai utilisé des éléments de cette histoire bidon pour expliquer à une fille rencontrée sur Adopteunmec la raison pour laquelle je n’avais pas eu de relation depuis des années (en fait, jamais) et c’est passé comme une lettre à la poste.

J’aimerais bien avoir une confidente pour lui parler de ma situation, de lui demander ce qu’en pensent les filles. L’amie dont j’ai parlé ci-dessus m’avait confié ses problèmes psychologiques quand elle avait été hospitalisée en psychiatrie pour une dépression sévère. Elle pourrait être digne de confiance si je me confiais à elle mais je n’ai presque plus de contact avec elle depuis qu’elle est partie à Paris il y a quelques années pour donc je me verrais mal mettre ce sujet sur le tapis au détour d’une conversation anodine, à moins qu’elle décide de me parler de sa vie amoureuse. Par contre sa mère discute de temps à autres avec ma mère et je n’aimerais pas que mes confidences fuitent car elle se confie beaucoup à sa mère. De toute façon elle a l’air de s’épanouir dans la communauté artistique branchée parisienne, je ne vais pas l’embêter avec mes problèmes de petit provincial coincé du cul.

J’aurais aimé avoir une sœur aussi, je pense qu’elle se serait inquiétée de me voir encore célibataire et aurait pu m’apprendre beaucoup de choses sur la séduction, les filles… et m’en présenter 😉

On en vient au cœur du problème, à savoir s’il faut l’avouer à notre partenaire la première fois. Il y a quelques années j’aurais dit non surtout pas, parce que j’aurais eu peur que la fille me quitte en pensant que si je suis encore vierge à mon âge c’est que personne n’a voulu de moi, qu’il y a un vice caché ou bien qu’elle ne voudrait pas « passer du temps à faire l’éducation d’un puceau » (encore que le sexe doit être intuitif et je ne pense pas qu’il faille un entrainement, l’essentiel étant de le faire avec amour). En fréquentant des forums, je me suis rendu compte qu’il y avait bien plus de vierges tardifs que je ne le pensais et que les filles semblent être bien plus compréhensives et ne largueraient pas un garçon auxquelles elles tiennent pour ce motif. Elles pourraient même être touchées par ce « cadeau ». Certaines disent par contre qu’elles auraient du mal à accepter que le garçon vierge mente par omission la 1ère fois en ne disant pas qu’il ne l’a jamais fait.

Bref je pense aujourd’hui que je ne devrai pas le dire tant que la relation n’a pas atteint un certain stade de confiance et d’intimité. Mais si la relation devient plus intime et que la fille tient à moi, je pense que je lui dirais quand même et j’espère qu’elle en sera touchée.

Par contre si c’est un coup d’un soir (hautement improbable pour moi mais sait-on jamais) il vaut mieux ne rien dire et dans le pire des cas, passer pour un mauvais coup.

Vous vous souvenez de l’article de Madmoizelle sur la fille qui a perdu sa virginité à 22 ans : elle n’avait rien dit à son coup d’un soir et ne le regrette absolument pas. Voici un autre témoignage d’un site différent mais où la fille regrette de n’avoir rien dit : http://www.emandlo.com/2012/05/confession-i-lied-about-being-a-virgin/

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Ma vie durant l’adolescence : la période cruciale

J’ai une grande fascination pour l’adolescence parce que c’est un âge où l’on change considérablement, on s’éveille intellectuellement, on s’ouvre au monde, on mène une vie insouciante. C’est aussi l’âge auquel la société nous promet la découverte des amours insouciantes et des amitiés durables. Sauf que ça n’est pas le cas pour tout le monde. Mon adolescence m’est passée sous le nez et c’est pour ça que je m’y retourne en cherchant à comprendre pourquoi et en rêvant qu’elle eut été meilleure.

Arrivé en 6ème, la sensation d’ennui perpétuel a disparu. L’organisation du collège nous donnait un peu plus d’autonomie, les cours étaient beaucoup plus intéressants et à la maison je m’amusais bien avec mes jeux-vidéos, les films et les séries que je regardais.

Cependant j’ai commencé à me trouver moche. Je suis devenu myope à 9ans1/2 et j’ai choisi une grosse paire de lunettes rondes à monture bleue marine qui prenait la moitié de mon visage. Je les avais choisi parce que mon meilleur amis avait les mêmes. Arrivé au collège j’ai commencé à trouver qu’elles étaient moches et me rendaient moche. Je n’aimais pas mes cheveux qui avaient tendance à beaucoup friser ainsi que mes taches de rousseur.

J’avais l’impression que la cour du collège était un endroit oppressant, que tout le monde me regardait (c’était une fausse idée que je me faisait en fait), je ne supportais pas les incivilités des autres élèves : les bousculades, les moqueries (entre autres sur mon nom de famille qui est un peu ridicule). Je n’étais pas véritablement harcelé, mais c’était de petites « agressions morales » sporadiques que je vivais mal. Cependant j’avais des copains et globalement j’aimais le collège (un peu quand même).

Mes difficultés d’intégration sociale ont commencé lors d’un camp de vacances d’une semaine au centre aéré du coin auquel ma mère m’avait inscrit de force durant l’été de mes 12 ans. La plupart des autres ados avaient 1 an de plus que moi et étaient venus en groupe d’amis alors que j’avais été parachuté là seul. Ils ne m’ont pas intégré et se moquaient de moi en me surnommant « Norton » parce que mes horribles lunettes me faisaient ressembler à Peter Norton, le créateur des antivirus éponymes, dont la photo apparaissait sur les boites des logiciels. Ils ne m’ont presque pas appelé par mon prénom J’ai détesté ce séjour.

En 5ème : RAS

En 4ème, à part quelques moqueries de la part d’un ou 2 camarades de temps à autres, ça se passait bien. J’ai enfin changé de lunettes lorsque ma vue a changé et j’ai choisi un modèle très discret. J’avais de nouveaux amis que je voyais en dehors des cours. On allait jouer en réseau à Counter Strike dans la salle informatique communale, on faisait plein de trucs, mais ils étaient aussi geek que moi.

En 3ème, pas grand chose. Mes taches de rousseur se sont fortement atténuées et mes cheveux sont devenus plus raides, ils frisaient beaucoup moins (et pour répondre à votre curiosité, je ne suis pas roux mais brun). Je me sentais mieux avec mon corps. Mon pic de croissance a démarré tardivement (peu de temps avant 15 ans) mais j’ai grandi très rapidement (à 15 ans 1/2 je dépassais 1m80).

Arrivé au lycée, j’ai perdu tous mes amis du collège, ils sont partis dans d’autres établissements. J’ai dû me refaire de nouveaux amis mais on ne se voyait pas en dehors des cours : j’habitais dans une commune loin du lycée et pas eux donc ils sortaient surtout entre eux, entre citadins. Le lycée c’était l’époque des 1ers flirts pour la majorité de ceux qui n’avaient pas commencé au collège, et aussi les premières soirées alcoolisées. Je ne faisais pas partie du cercle des gens branchés donc je n’étais pas invité aux soirées. A part ça, j’ai adoré le lycée, je m’y suis vraiment plu, j’ai réussi haut la main dans mes classes et je suis nostalgique de l’euphorie de la fin de terminale où je pensais que mon chemin était tracé, que tout me réussirait.

Ce n’est que quelques années plus tard que je me suis rendu compte que j’étais passé à coté de mon adolescence. Je n’avais pas vécu l’essentiel : les premières soirées, les amitiés très fortes dont on pense qu’elles dureront toujours, les 1ers flirt innocents où on découvre les filles. J’arrivais à l’âge adulte avec la maturité affective d’un ado de 15 ans, je n’avais jamais été aimé, j’avais l’impression d’avoir pris un coup de vieux sans avoir rien vécu. Bref j’avais gâché mon adolescence sans m’en rendre compte et sans comprendre pourquoi.

Je pense qu’à l’adolescence, les processus de socialisation  et de séduction s’apprennent de manière intuitive (lors des sorties et des soirées +++) et c’est ce qui permet aux ados de s’affirmer progressivement, de sortir avec des filles, puis quelques années plus tard de coucher avec. Forcément quand on n’a pas vécu ça, on se sent complètement décalé avec les autres et mal à l’aise dans sa vie d’adulte. Je suis coincé en société, je ne sais pas séduire une femme ni reconnaitre les signes de séduction qu’une femme pourrait m’envoyer (je les connais en théorie mais dans la pratique je ne pense pas que je les repèrerai, et ça me mettrait mal à l’aise).

Pour ma part ça ne s’est pas produit à cause d’un mélange de timidité excessive, du fait que je n’ai pas osé me rapprocher davantage de mes amis et d’un manque d’opportunités. J’ai quand même une part de responsabilité.

Je sais que mon adolescence est derrière moi et que je ne pourrai pas la changer, mais je pense encore de temps à autres à cette période cruciale avec une certaine nostalgie (rassurez-vous, je ne suis pas dépressif 😉 )

A mesure que mes études avancent, j’ai commencé à m’ouvrir beaucoup plus aux gens qui m’entourent, j’ai fait des progrès considérables au niveau socialisation, mais pour le coté séduction ça n’est pas le cas. C’est pour ça que j’aurai besoin d’un psychologue. Ca va s’arranger, je suis ce que les anglo-saxons appellent un late bloomer in love.