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Historique amoureux partie 2 : le lycée

J’avais placé beaucoup d’espoirs à mon arrivée au lycée et je n’ai pas été déçu : alors que j’étouffais au collège à cause du flicage excessif et du comportement de certains élèves, l’arrivée au lycée a été une bouffée d’oxygène. Déjà le fait de prendre le bus me permettait de sortir de mon ennuyeuse commune pavillonaire, j’avais aussi beaucoup plus de liberté, les lycéens étaient beaucoup plus matures et ce lycée était sympa, niché dans un joli coin de verdure en périphérie de la ville. Je pensais que tout était possible et que j’allais certainement connaitre prochainement mon premier flirt.

Rapidement au cours de mon année de seconde, je suis tombé amoureux d’une fille, mais cet amour n’avait rien à voir avec les précédents du collège, les émotions que je ressentais étaient beaucoup plus fortes. Cette fille, qui s’appelait Marina, me faisait tourner la tête : déjà ce qui me plaisait était sa grande taille, à 16 ans elle faisait déjà 1m80. Et puis elle était plus mature que les autres filles, elle s’habillait un peu plus classe, faisait déjà plus femme mais sans être affriolante. Elle était très gentille et discrète, un peu timide aussi. Elle avait beaucoup de charme. On s’est rapproché à la fin de l’année scolaire mas je ne lui ai jamais demandé si elle voulait sortir avec moi. L’année suivante on était dans des filières différentes et on ne se fréquentait plus, mais je continuais à l’admirer, elle sortait du lot par rapport aux autres filles. Elle a eu son premier copain en 1ère, un type boutonneux dont on disait qu’il était un peu con. Je ne comprenais pas ce qu’elle pouvait lui trouver. Le fait de le voir lui rouler des patins à la sortie du lycée me faisait mal au coeur. Cette histoire n’a duré que quelques mois. Mais comme on ne se fréquentais plus, je n’ai jamais eu l’occasion ni le courage de lui faire ma demande et j’ai continué à l’admirer durant tout le lycée. Je voyais qu’elle s’épanouissait au bahut, qu’elle avait de plus en plus d’amis, bref que tout lui réussissait.

Durant ma 1ère et ma terminale, je n’ai pas eu de coup de coeur pour d’autres filles. Mais je commençais à ressentir de plus en plus le décalage avec les autres. Beaucoup de camarades de classe sortaient avec quelqu’un, même s’ils étaient plutôt discrets là-dessus. Par contre  à la sortie du bahut, c’était le festival des patins. Moi je me faufilais entre les couples pour attendre seul mon bus et rentrer dans ma vie solitaire et monotone. J’avais des amis mais je ne les voyais pas en dehors des cours (j’y reviendrai en détails dans mon article général sur mon adolescence).

Je ne veux cependant pas noircir le tableau : en dehors du contexte amoureux, de la solitude en dehors du bahut et plus généralement du fait que j’ai raté mon adolescence, le lycée a été une période heureuse (qui aurait pu être bien meilleure) et je trouve même que j’ai connu l’apogée de ma vie à la fin de ma terminale en 2005, dans le sens où la vie était jusqu’à présent plus simple, je me laissais porter par le courant, j’avais l’impression que j’avais toute la vie devant moi et c’était le dernier moment avant l’entrée dans les études supérieures, qui se révèlera finalement tourmentée. Bien que je sois désormais bien avancé dans mes études, que je sais que j’aurais un travail qui me plait, que je serai indépendant en exercice libéral et que je gagnerai de l’argent, je ne peux m’empêcher d’avoir une certaine nostalgie pour cette courte période qu’est la fin de la terminale.

J’ai continué à penser à Marina pendant un temps après mon entrée dans le supérieur. J’ai vu en 2007 un article sur elle dans le journal local disant qu’elle avait été récompensée par l’université pour avoir créé une micro-entreprise avec des collègues de son IUT. La vie continuait à lui sourire. Je ne sais pas ce qu’elle est devenue, je ne l’ai jamais retrouvée sur les réseaux sociaux.

Aujourd’hui je ne suis plus dans l’amour idéalisé envers cette fille, néanmoins elle aura toujours une place dans mon coeur. C’est la seule dont j’ai été véritablement amoureux et ça ne s’est jamais reproduit par la suite.

Bref, alors que je m’apprêtais à rentrer dans le supérieur, je ne pensais pas vraiment au sexe mais je me disais qu’entrer en classe prépa scientifique dans un énorme lycée avec de nombreuses filières technologiques à prédominance féminine allait me donner plus d’opportunités pour rencontrer une fille et enfin échanger mon premier baiser. Bref j’avais encore beaucoup d’espoir.

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