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Nouvelle étude statistique sur la sexualité des jeunes : « Génération Youporn, mythe ou réalité ? »

Si vous avez lu les actualités Google cette semaine, vous êtes peut-être tombés sur cette nouvelle étude de l’IFOP au titre volontairement racoleur : Génération Youporn, mythe ou réalité ?

C’est une étude commandée par un site de webcam sexe, portant sur environ 1000 jeunes de 15 à 24 ans répondant sur internet. Bien que la méthodologie puisse être critiquée, en la lisant on apprend un certain nombre de chiffres intéressants qui viennent compléter mon article fétiche sur les statistiques sur la virginité tardive (https://confessionsjhinexpenamour.wordpress.com/2013/09/08/statistiques-sur-la-virginite-tardive/) et notamment l’évolution de chaque variable en fonction de l’âge.

L’âge médian du 1er baiser est de 14 ans, seuls 13% des jeunes ont leur 1er baiser à 17 ans ou plus. A 22 ans, seuls 7 % des garçons et 9 % des filles n’ont jamais embrassé personne.

L’âge médian de la 1ère masturbation est de 14 ans chez les garçons et 15 ans chez les filles, elle est en hausse significative chez les filles par rapport à l’étude de 2006 puisqu’elles sont désormais 59 % à l’avoir pratiqué à 18 ans.

L’âge médian du 1er rapport sexuel est de 17 ans, en baisse significative (mais assez faible) chez les 2 sexes. A 22 ans, il reste 17 % de garçons et 26 % de filles vierges (mais un des diagrammes circulaires un peu plus loin dans l’étude est quelque peu confus sur cette donnée).

La fréquentation de sites porno augmente fortement depuis 2006 chez les 2 sexes : normal, à cette époque les sites de streaming porno comme Youporn étaient balbutiants. Depuis, ils ont fortement simplifié l’accès au porno sur le net, plus besoin de télécharger. L’âge médian du 1er porno est de 15,2 ans.

La fréquentation des sites de rencontre augmente aussi mais ils ne sont que 17 % de l’échantillon à trouver des plans culs sur ces sites (25 % en moyenne dans la classe 20-24 ans). A noter que cette proportion est beaucoup plus élevée chez les homos que les hétéros (normal, les homos, ayant moins de facilité à trouver des partenaires dans la vie réelle, se tournent alors plus facilement vers des sites gays).

La position préférée est le missionnaire, suivie par la levrette et l’Andromaque. L’étude donne ensuite une palanquée de données pointilleuses et absurdes sur la prévalence de la levrette et de l’Andromaque en fonction du nombre de partenaires sexuels, du niveau de diplôme, de la situation professionnelle et de la pratique religieuse 😉

Le cunnilingus et la fellation (80 %, dont 38 % en avalant le sperme), la sodomie (35 %), l’anulingus (17 %) et l’éjaculation faciale (24 %) sont en forte hausse (avec la même palanquée de statistiques improbables sur l’éjaculation faciale et la sodomie en fonction du niveau de diplôme, de la profession du chef de famille… 🙂 ).

Ensuite ça parle des expériences sexuelles virtuelles, rien d’intéressant hormis le fait que 22 % souhaiteraient photographier leurs ébats ou tourner une sextape mais que seuls 4 % sont passés à l’acte.

L’attirance homosexuelle et les rapports homosexuels augmentent significativement y compris chez les hétéros (notamment les filles, un point abondamment repris par les médias), mais ils ne sont que 9 % des garçons et 8 % des filles à se déclarer homosexuels ou bisexuels.

Vous pouvez retrouver l’étude ici : http://www.ifop.com/media/poll/2367-1-study_file.pdf

La masturbation (et le porno)

Je vais encore mettre à mal un autre mythe  : le puceau tardif qui se masturbe compulsivement plusieurs fois par jour comme pour noyer son désespoir. Il y a certainement des individus qui le font plusieurs fois par jour, et grand bien leur en fasse tant que ça leur procure du plaisir et qu’ils se sentent mieux après. Mais je suis plutôt un « gourmet de la masturbation », privilégiant la qualité à la quantité.

La masturbation est très importante. Elle permet de découvrir son corps et ses réaction, savoir ce qui nous procure du plaisir, savoir prolonger ce plaisir et enfin soulager les tensions sexuelles. A 18 ans, 90% des garçons et (seulement) 45% des filles se sont déjà masturbés. C’est dommage qu’elles ne soient pas plus nombreuses à la pratiquer à l’adolescence car ça leur permettrait de savoir comment accéder au plaisir, savoir lâcher prise avec leur partenaire et avoir une vie sexuelle plus épanouie dès son commencement. Les organes génitaux externes féminins sont plus discrets, elles osent peut-être moins se toucher à l’adolescence (ou même simplement les regarder dans un miroir, comme Madonna) ou elles ont l’image faussée selon laquelle ça serait « sale ».

Bref, comme le dit Woody Allen, la masturbation c’est faire l’amour avec soi même. Cependant quand on est vierge tardif, c’est notre seule forme de sexualité et ça finit par ne plus nous suffire pour être satisfait.

J’ai découvert la masturbation assez jeune. Autant que je me souvienne, j’ai du commencer à me toucher vers les 6 ans, puis ça m’est sorti de l’esprit vers 8 ans. Je m’y suis remis à l’aube de la puberté vers 11 ans. Peu de temps avant 15 ans j’ai eu mes premiers orgasmes mais sans savoir que c’était ça. Je ressentais cette vague de plaisir mais ça n’était pas très intense puis je débandais et je ne comprenais pas pourquoi je ne pouvais plus me caresser aussi longtemps qu’avant. Très peu de temps après, j’ai eu mes premières éjaculations : mes orgasmes étaient plus intenses mais je ressentais immédiatement après une forte envie d’uriner alors que j’avais la vessie vide. Je ne comprenais pas ce qui m’arrivais, d’autant plus que je me caressait dans mon pantalon de pyjama et que je contractait mes sphincters de la vessie pour ne pas me pisser dessus (enfin c’est ce que je croyais). Puis quelques semaines plus tard j’ai eu un orgasme tellement intense que je n’ai pas pu me contrôler, j’ai souillé mon pyjama et que j’ai compris que c’était du sperme. J’étais très fier de pouvoir jouir et éjaculer. S’en est suivi une période de découverte, de masturbations très fréquentes. J’ai rapidement compris comment faire durer le plaisir et mes orgasmes sont devenus meilleurs. Cependant il m’a bien fallu quelques années de pratique pour « atteindre le sommet de cet art » 😉

Je me suis rendu compte qu’il valait mieux faire monter l’excitation pour avoir les meilleurs orgasmes plutôt que de se soulager immédiatement. Je préfère le faire une fois par jour au lit plutôt que de le faire dans la journée. Il y a quelques années, l’orgasme me permettait de m’endormir plus facilement donc je le faisais chaque soir. Aujourd’hui je ne le fait plus systématiquement chaque jour , je ne le fais que quand j’en ai vraiment envie et que je ne suis pas trop fatigué. Maintenant quand je manque de sommeil, l’orgasme a tendance à me maintenir excité et éveillé, donc il m’arrive fréquemment en semaine de ne pas le faire pendant plusieurs jours et ça me satisfait. En période universitaire, je ne le fais bien souvent que le week-end (donc 2 à 3 fois par semaine). Par contre en vacances j’ai une libido plus élevée donc c’est tous les jours.

Je ne me masturbe pas devant du porno sur mon PC. Je regarde régulièrement du porno sur mon PC pour nourrir mes fantasmes et faire monter l’excitation puis j’attends d’aller me coucher pour me palucher. Je préfère le confort d’un lit pour avoir le plus de plaisir. Je me masturbe aussi sous la douche mais je ne vais pas jusqu’à l’orgasme, le réservant bien souvent pour le lit.

Pour ce qui est du porno, je ne regarde que du porno amateur parce que c’est tellement mieux. Ce sont de vrais couples qui font l’amour pour de vrai et prennent réellement leur pied. Il n’y a pas de pratiques violentes comme les fellations forcées, les sodomies brutales et les éjaculations faciales. Ce ne sont pas non plus des acteurs bodybuildés et siliconés qui poussent des gémisssements totalement bidons. Là ce sont des couples de la vie réelle avec leur physique naturel. Je préfère les creampies, qui sont des pornos dans lesquels l’homme éjacule dans le vagin de sa partenaire puis se retire en laissant le sperme dégouliner 😉 J’aime aussi les photos amateurs.

Il y a 6 ans, je me suis acheté une Fleshlight : c’est un masturbateur en forme de grosse lampe torche qui contient un vagin artificiel en silicone ultra-réaliste ayant la texture de la vraie peau. Cependant je ne m’en suis pas beaucoup servi parce que j’ai un phimosis (une étroitesse du prépuce qui empêche un décalottage complet en érection) qui me gène quand j’utilise la Fleshlight, je ressent beaucoup moins de plaisir parce que mon prépuce enserre fortement mon gland. Son utilisation m’a quand même permis de diminuer le phimosis mais ça n’est toujours pas vraiment agréable. Et puis c’est un peu fastidieux à préparer et à nettoyer (pas facile de faire des allers et retours entre la chambre et la salle de bain avec l’objet dans les mains quand on vit chez ses parents). Donc bien souvent je préfère les méthodes traditionnelles. On peut traiter le phimosis en appliquant une pommade corticoïde très puissante sur le prépuce et en faisant des exercices d’étirement. Sans phimosis, la Fleshlight doit être géniale. Mes premiers rapports sans préservatif seront peut-être moins agréables avec le phimosis. A ce moment là je consulterai.

Bref aujourd’hui j’adore toujours autant la masturbation et le fait d’être à l’écoute de mon corps, mais ça ne me suffit plus et il me tarde de découvrir les sensations d’un vrai rapport sexuel vaginal.

Timidité amoureuse et abstinence involontaire

Suite aux commentaires pertinents de mon précédent article, j’ai décidé de rédiger un article qui s’intéresse aux causes sociologiques de la timidité amoureuse et de l’abstinence sexuelle involontaire à l’âge adulte.

Le psychologue américain Abraham Maslow a défini la pyramide des besoins humains éponyme (http://fr.wikipedia.org/wiki/Pyramide_des_besoins_de_Maslow, lisez l’article en anglais, c’est mieux) dans laquelle on apprend que la sexualité fait partie des besoins physiologiques de l’individu, au même titre que la faim, la soif, la respiration et les fonctions d’élimination. Elle montre aussi que le besoin d’appartenance et d’amour est relativement haut placé et est nécessaire pour avoir une vie accomplie. Dès lors, il n’est pas étonnant qu’une vie amoureuse inexistante et une sexualité solitaire mènent à la dépression. Certains psychologues ont donc étudié les causes de cette vie amoureuse et sexuelle insatisfaisante. Cet article n’a pas pour vocation d’être exhaustif sur ce phénomène, juste de vous présenter 2 sources d’inspiration pour ce blog.

En faisant des recherches sur la virginité tardive en anglais, je suis tombé par hasard sur un article du Journal of Sex Research de 2001 intitulé « Celibacy : a life course analysis » rédigé par des psychologues de la Georgia State University. Il s’attache à étudier les causes et conséquences de l’absence de relation amoureuse et/ou de l’abstinence sexuelle involontaire au cours de la vie. Les auteurs sont partis du constat que ce domaine avait été entrevu par de précédentes études sur la sexualité mais jamais pleinement investigué. Ils indiquent que les sociétés occidentales ont un modèle dans lequel les premiers flirts, la découverte de la sexualité, les relations de longue durée et le mariage se déroulent selon une séquence linéaire à des tranches d’âge bien définies et font office de rites de passage. Forcément les gens qui se trouvent en décalage avec cette norme se mettent à complexer et éprouvent davantage de difficultés dans leur vie sociale, ce qui diminue encore la possibilité de rencontrer un partenaire, en particulier s’ils pensent que leur partenaire sera forcément bien plus expérimenté qu’eux. L’abstinence involontaire ou la virginité tardive résultent d’une combinaison d’évènements durant l’adolescence et la jeunesse.

Ils se sont donc demandé quels sont les facteurs qui inhibent la transition vers l’activité sexuelle, à quel moment et de quelle manière les abstinents involontaires se trouvent en décalage par rapport aux autres et quels facteurs les maintiennent en décalage et inhibent la découverte et la poursuite de relations sexuelles.

Ils ont inclus 82 personnes recrutées via internet à la toute fin des années 90, la plupart étant des gens diplômés de l’enseignement supérieur. 80% étaient des hommes. Certains étaient mariés mais n’avait pas de relations sexuelles. Ils reconnaissent que leur échantillon n’est pas représentatif. Ils leur ont fait répondre à un volumineux questionnaire.

1/3 étaient des vierges tardifs, les autres ayant déjà eu des rapports mais ensuite aucune activité sexuelle depuis un bon moment. 91% des vierges tardifs (VT) et 52% des célibataires endurcis ne sont jamais sorti avec quelqu’un à l’adolescence. Leur sexualité adolescente était uniquement masturbatoire. Seuls 29% des VT ont ultérieurement expérimenté leur premier baiser ou des préliminaires. Certains célibataires de longue durée ont eu des rapports à un âge normal mais n’ont pas été satisfait des conditions. Les données montrent que l’absence de séduction et de relations amoureuses à l’adolescence sont le premier facteur menant à une vie amoureuse et sexuelle insatisfaisante. Cela renforce ma thèse selon laquelle la séduction et les compétences sociales s’acquièrent de manière intuitive pendant l’adolescence.

Le sentiment de retard anormal des vierges tardifs sur les autres apparait à l’approche des 25 ans. Parmi les célibataires endurcis non-vierges, 20% ont eu recours à des prostituées.

A l’âge adulte, la timidité est le principal facteur responsable de l’absence de relations amoureuses. 40% des vierges tardifs mentionnent également un manque de compétences sociales (difficultés à se faire des amis…). L’image corporelle négative entre également en ligne de compte : les individus qui ne s’aiment pas évitent les situations sociales et réduisent les opportunités de rencontres. Les femmes vierges tardives mentionnent en priorité leur surpoids alors que les hommes mentionnent leur poids insuffisant. Le manque d’activités de loisir et le travail dans un milieu exclusivement masculin ou féminin renforcent leur isolement social et leur manque d’opportunités de rencontres.

Leur abstinence ou inexpérience sexuelle engendre une insatisfaction, de la frustration ou de la colère. Mais le plus préoccupant pour eux est l’absence d’amour. Ils pensent être passés à coté de leur jeunesse et qu’un processus a « calé » durant leur adolescence. Ils pensent qu’ils n’arriveront pas à rattraper les autres, qu’ils sont encore coincés « dans la cour de récré ». Cette frustration diminue encore leur confiance en eux donc leur attractivité et leur pouvoir de séduction, bref c’est un cercle vicieux. Les hommes et femmes se sentent pris au piège des conventions sociales (les hommes doivent faire le premier pas et les femmes doivent rester passives). A cette époque déjà, les vierges tardifs utilisaient internet pour se rassurer et vivre une certaine vie sociale par procuration.

Les auteurs soulignent la nécessité d’études supplémentaires et que tant que la virginité tardive restera aussi peu explorée, elle restera un sujet tabou et des gens continueront d’en souffrir.

Voici l’article complet : http://www.scribd.com/doc/23792587/Involuntary-Celibacy-A-Life-Course-Analysis

Je voulais également aborder le concept de timidité amoureuse (love shyness) définit par le psychologue américain Brian Gilmartin en 1987. Il s’agit d’une forme de trouble anxieux social ou bien de trouble de la personnalité évitante circonscrit au domaine amoureux. Gilmartin a abondamment étudié le phénomène et rédigé un livre, qui est souvent évoqué sur les sites de langue anglaise abordant la virginité tardive. Ce concept ne fait pas consensus et n’est pas reconnu par le DSM-V (la bible de la psychiatrie américaine) ni par la Classification In ternationale des Maladies CIM-10. Néanmoins il mérite notre attention.

Voici l’article français sur Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Timidit%C3%A9_amoureuse. Si vous maitrisez l’anglais, je vous conseille de lire la version anglaise de l’article, bien plus complète, comme toujours. Je ne détaillerai pas le concept, ça reprend ce que j’ai déjà dit.

L’auteur Jean-Paul Benglia reprend aussi ce concept dans son livre (j’en parlerai ultérieurement).

Voila, si vous avez eu le courage de lire ce pavé (ou pas), je tenais à vous dire que mes prochains articles parleront à nouveau de moi et seront bien plus abordables que celui-ci.