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Mon premier (petit) baiser

Ce soir je suis allé au cinéma avec la fille que j’ai rencontré. C’est la 3ème fois qu’on se voit (cf les commentaires de l’article précédent). On a passé une soirée très sympa, puis je l’ai raccompagnée jusqu’à son arrêt de bus et je l’ai attendu avec elle. On a eu une discussion très complice, on était très proches et lorsque le bus est arrivé, on s’est levés et elle m’a embrassé sur la bouche.

C’était un petit baiser sur les lèvres, très bref malheureusement. Ça s’est fait très intuitivement, sans réfléchir : le temps d’un regard, j’ai senti qu’elle voulait m’embrasser et j’ai ensuite ressenti cette envie irrépressible de coller mes lèvres aux siennes. C’est incroyable l’intensité de la communication non-verbale par le regard. Je n’ai vraiment réalisé qu’on s’était embrassés qu’après qu’elle soit montée à bord. Comme c’était très bref, je n’ai pas senti grand chose, seulement la douceur de ses lèvres humides et son gout et son parfum persistant quelques instants après sur les miennes.

Au moment où elle s’est levée, je m’apprêtais à la prendre par les mains, l’enlacer et l’embrasser mais elle a été un peu plus rapide que moi, m’a fait ce petit baiser et est montée rapidement à bord du bus. En l’espace de quelques secondes, j’ai été envahi d’émotions : la sensation agréable du baiser presque inattendu (puisqu’elle m’a pris de vitesse), la brève déception de ne pas avoir pu l’embrasser plus franchement et enfin le bonheur intense d’avoir vécu ça. Depuis, j’ai le sourire jusqu’aux oreilles et je suis sur un petit nuage.

Je lui ai envoyé un message pour lui remercier de ce bisou sur la bouche et que la prochaine fois j’espère pouvoir lui donner un vrai baiser. Elle m’a répondu qu’elle tremblait encore de son audace et qu’elle avait une trouille phénoménale (malgré ses 5 ex-copains, elle n’en reste pas moins timide). Je lui ai dit qu’elle avait bien fait, que je comptais justement l’enlacer et l’embrasser à ce moment là, que ce bisou avait un gout de trop peu mais avait illuminé ma soirée et qu’on se rattrapera bien la prochaine fois ^^

J’aurai dû lui prendre la main quand on était dans la rue, je pense qu’elle aurait été plus entreprenante pour le baiser (et moi aussi).

Je ne considère pas ce petit baiser sur la bouche comme mon premier vrai baiser parce que c’était beaucoup trop bref et je ne peux pas vraiment dire qu’on sort ensemble tant que je ne l’aurai pas franchement embrassé. Quand j’aurai mon vrai premier baiser, je ne manquerai pas de vous décrire en détail les sensations que cela fait de tenir une fille dans ses bras et de l’embrasser passionnément. J’ai hâte de tester le baiser avec la langue aussi ^^

Concernant la fameuse soirée chez ses amis dans 10 jours, elle m’a rassuré sur le fait que ses amis sont sympa et que je ne sentirai pas marginalisé malgré le fait que je ne les connais pas. Il y aura une grande majorité de filles. J’ai aussi appris qu’avant même notre 2ème rendez-vous, sa copine qui nous hébergera lui avait dit que je pourrai venir. En fait c’était déjà prévu bien à l’avance, elle a du beaucoup parler de moi à son amie et ça n’est certainement pas innocent si elle me propose de passer la nuit avec eux là-bas ^^

Bref j’aurai certainement mon vrai premier baiser dans 10 jours 😉

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Ma vie durant l’adolescence : la période cruciale

J’ai une grande fascination pour l’adolescence parce que c’est un âge où l’on change considérablement, on s’éveille intellectuellement, on s’ouvre au monde, on mène une vie insouciante. C’est aussi l’âge auquel la société nous promet la découverte des amours insouciantes et des amitiés durables. Sauf que ça n’est pas le cas pour tout le monde. Mon adolescence m’est passée sous le nez et c’est pour ça que je m’y retourne en cherchant à comprendre pourquoi et en rêvant qu’elle eut été meilleure.

Arrivé en 6ème, la sensation d’ennui perpétuel a disparu. L’organisation du collège nous donnait un peu plus d’autonomie, les cours étaient beaucoup plus intéressants et à la maison je m’amusais bien avec mes jeux-vidéos, les films et les séries que je regardais.

Cependant j’ai commencé à me trouver moche. Je suis devenu myope à 9ans1/2 et j’ai choisi une grosse paire de lunettes rondes à monture bleue marine qui prenait la moitié de mon visage. Je les avais choisi parce que mon meilleur amis avait les mêmes. Arrivé au collège j’ai commencé à trouver qu’elles étaient moches et me rendaient moche. Je n’aimais pas mes cheveux qui avaient tendance à beaucoup friser ainsi que mes taches de rousseur.

J’avais l’impression que la cour du collège était un endroit oppressant, que tout le monde me regardait (c’était une fausse idée que je me faisait en fait), je ne supportais pas les incivilités des autres élèves : les bousculades, les moqueries (entre autres sur mon nom de famille qui est un peu ridicule). Je n’étais pas véritablement harcelé, mais c’était de petites « agressions morales » sporadiques que je vivais mal. Cependant j’avais des copains et globalement j’aimais le collège (un peu quand même).

Mes difficultés d’intégration sociale ont commencé lors d’un camp de vacances d’une semaine au centre aéré du coin auquel ma mère m’avait inscrit de force durant l’été de mes 12 ans. La plupart des autres ados avaient 1 an de plus que moi et étaient venus en groupe d’amis alors que j’avais été parachuté là seul. Ils ne m’ont pas intégré et se moquaient de moi en me surnommant « Norton » parce que mes horribles lunettes me faisaient ressembler à Peter Norton, le créateur des antivirus éponymes, dont la photo apparaissait sur les boites des logiciels. Ils ne m’ont presque pas appelé par mon prénom J’ai détesté ce séjour.

En 5ème : RAS

En 4ème, à part quelques moqueries de la part d’un ou 2 camarades de temps à autres, ça se passait bien. J’ai enfin changé de lunettes lorsque ma vue a changé et j’ai choisi un modèle très discret. J’avais de nouveaux amis que je voyais en dehors des cours. On allait jouer en réseau à Counter Strike dans la salle informatique communale, on faisait plein de trucs, mais ils étaient aussi geek que moi.

En 3ème, pas grand chose. Mes taches de rousseur se sont fortement atténuées et mes cheveux sont devenus plus raides, ils frisaient beaucoup moins (et pour répondre à votre curiosité, je ne suis pas roux mais brun). Je me sentais mieux avec mon corps. Mon pic de croissance a démarré tardivement (peu de temps avant 15 ans) mais j’ai grandi très rapidement (à 15 ans 1/2 je dépassais 1m80).

Arrivé au lycée, j’ai perdu tous mes amis du collège, ils sont partis dans d’autres établissements. J’ai dû me refaire de nouveaux amis mais on ne se voyait pas en dehors des cours : j’habitais dans une commune loin du lycée et pas eux donc ils sortaient surtout entre eux, entre citadins. Le lycée c’était l’époque des 1ers flirts pour la majorité de ceux qui n’avaient pas commencé au collège, et aussi les premières soirées alcoolisées. Je ne faisais pas partie du cercle des gens branchés donc je n’étais pas invité aux soirées. A part ça, j’ai adoré le lycée, je m’y suis vraiment plu, j’ai réussi haut la main dans mes classes et je suis nostalgique de l’euphorie de la fin de terminale où je pensais que mon chemin était tracé, que tout me réussirait.

Ce n’est que quelques années plus tard que je me suis rendu compte que j’étais passé à coté de mon adolescence. Je n’avais pas vécu l’essentiel : les premières soirées, les amitiés très fortes dont on pense qu’elles dureront toujours, les 1ers flirt innocents où on découvre les filles. J’arrivais à l’âge adulte avec la maturité affective d’un ado de 15 ans, je n’avais jamais été aimé, j’avais l’impression d’avoir pris un coup de vieux sans avoir rien vécu. Bref j’avais gâché mon adolescence sans m’en rendre compte et sans comprendre pourquoi.

Je pense qu’à l’adolescence, les processus de socialisation  et de séduction s’apprennent de manière intuitive (lors des sorties et des soirées +++) et c’est ce qui permet aux ados de s’affirmer progressivement, de sortir avec des filles, puis quelques années plus tard de coucher avec. Forcément quand on n’a pas vécu ça, on se sent complètement décalé avec les autres et mal à l’aise dans sa vie d’adulte. Je suis coincé en société, je ne sais pas séduire une femme ni reconnaitre les signes de séduction qu’une femme pourrait m’envoyer (je les connais en théorie mais dans la pratique je ne pense pas que je les repèrerai, et ça me mettrait mal à l’aise).

Pour ma part ça ne s’est pas produit à cause d’un mélange de timidité excessive, du fait que je n’ai pas osé me rapprocher davantage de mes amis et d’un manque d’opportunités. J’ai quand même une part de responsabilité.

Je sais que mon adolescence est derrière moi et que je ne pourrai pas la changer, mais je pense encore de temps à autres à cette période cruciale avec une certaine nostalgie (rassurez-vous, je ne suis pas dépressif 😉 )

A mesure que mes études avancent, j’ai commencé à m’ouvrir beaucoup plus aux gens qui m’entourent, j’ai fait des progrès considérables au niveau socialisation, mais pour le coté séduction ça n’est pas le cas. C’est pour ça que j’aurai besoin d’un psychologue. Ca va s’arranger, je suis ce que les anglo-saxons appellent un late bloomer in love.